Rares sont les tables à pouvoir se targuer d’accueillir un fleuriste en résidence régulière pour orner leur salle à manger. Près des Champs-Elysées, dans un hôtel particulier de l’avenue Franklin-Delano-Roosevelt (Paris 8e), Le Clarence (deux étoiles Michelin) est de celles-ci. C’est dire le niveau de détail déployé par le prince Robert de Luxembourg, propriétaire des lieux, ainsi que du Domaine Clarence Dillon. A raison de deux fois par semaine, le fleuriste Meilleur Ouvrier de France Julian Tonnellier s’applique donc à renouveler puis à rafraîchir le contenu des mille et un vases chinés par le prince. Lesquels sont disséminés sur les trois étages du bâtiment du XIXe siècle, reluisant depuis sa rénovation, achevée en 2015.
Ce midi-là, le rendez-vous est donné au premier étage, dans la salle à manger principale du restaurant. Pour ne pas troubler le chuchotis ambiant, on y pénètre discrètement, comptant sur le tapis d’apparat pour étouffer le bruit de nos pas. Boiseries, tableaux, suspensions dorées, assises veloutées… Le noble décor a quelque chose d’intimidant. Il a été imaginé par le prince Robert, manifestement tourné vers l’esthétique surannée des grands domaines bordelais. On dit aussi qu’il n’a que très peu évolué depuis l’inauguration de l’établissement. La cuisine, quant à elle, vient tout juste de changer de main.