Ce billet est extrait de la newsletter hebdomadaire « Darons daronnes » sur la parentalité, qui est envoyée tous les mercredis à 18 heures. Vous pouvez vous inscrire gratuitement à cette newsletter en suivant ce lien.
A la rubrique « Intimités » du Monde, dont je m’occupe, nous avons accueilli une stagiaire en janvier. Un soir, tandis que nous étions les deux dernières dans l’open space, elle m’a demandé pourquoi je restais tard. Je lui ai répondu que j’allais chercher ma fille à la piscine plusieurs soirs par semaine.
Elle m’a dit qu’elle aussi avait fait de la natation en compétition quand elle était enfant, mais qu’elle avait arrêté en 6e, car c’était trop intense. Puis elle m’a livré cette anecdote : « Pendant longtemps ensuite, ma mère a répété la même phrase lorsque le sujet venait dans la conversation : “C’est dommage, elle avait atteint un haut niveau.” J’ai senti leur déception peser sur moi. »
Des alarmes se sont allumées dans ma tête comme dans le cockpit d’un avion. Elle avait touché en plein dans le mille. Ne serais-je pas déçue, moi aussi, si ma fille arrêtait de nager ? Arriverais-je à le lui cacher ?