Biologiste marin, Matthieu Juncker travaille depuis plus de vingt ans dans le Pacifique. En avril 2024, il s’est installé sur un atoll inhabité de l’archipel des Tuamotu en Polynésie française. Depuis son îlot, sur lequel il a construit une cabane, il a observé pendant huit mois la faune et les menaces qu’elle subit. Un documentaire racontant son expérience, Seul sur l’atoll, journal d’un naufragé volontaire, sera diffusé au printemps sur France 5.
Il y a six ans, je vois sortir des chiffres du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) disant qu’à plus de 2 °C de réchauffement, 99 % des récifs coralliens auront disparu. Je le savais déjà un peu, mais ça a été un choc. Je me suis dit, “toi t’es sur ton fauteuil, t’as un bon salaire, plein de missions…” J’avais beau être du “bon côté”, en travaillant à rendre plus durable l’exploitation des ressources marines, en faisant des observations de l’état de l’environnement ou des recommandations, ça ne suffisait pas. Je me sentais en dissonance.