En ce deuxième jour de compétition aux Jeux olympiques (JO) de Milan-Cortina 2026, dimanche 8 février, la délégation française s’attendait à obtenir sa première médaille grâce aux Bleus du biathlon. Ces derniers ont bien remporté l’or, sur le relais mixte, mais quelques dizaines de minutes plus tôt, Mathis Desloges avait déjà débloqué le compteur tricolore, de manière assez inattendue.
Derrière l’intouchable norvégien Johannes Klaebo, vainqueur de son troisième titre en individuel aux JO, le natif de Saint-Martin-d’Hères (Isère) a terminé 2? de l’épreuve de skiathlon. Et ce, malgré un incident qui a suspendu quelques instants son immense joie. A l’issue de la course, les délégations norvégienne et russe ont déposé un recours pour réclamer son déclassement.
Pour cause, pendant la course, le Français de 23 ans avait en effet coupé la piste à l’approche d’un virage, récoltant pour cette erreur un carton jaune. « Je n’ai pas vu, je suis passé devant la ligne droite et j’ai coupé le virage trop court, je n’ai pas réfléchi, a expliqué Mathis Desloges, après la course, au micro de France Télévisions. C’était une erreur de ma part, c’était mérité, mais ça ne m’a pas avantagé. Ce n’était pas volontaire. » Après plusieurs minutes d’une attente qui a pu lui sembler interminable, sa médaille d’argent a finalement été validée par les juges.
Le pensionnaire du ski club de Villard-de-Lans (Isère), avait fait sa priorité l’épreuve reine du ski de fond, composée de deux étapes de 10 kilomètres, entre lesquelles les athlètes passent de skis parallèles, destinés à une technique classique, à des skis plus courts ou plus lisses, adaptés au style libre.
« Depuis que j’ai repris l’entraînement au mois de mai, je m’entraîne pour cette course. C’est une bonne chose de démarrer par ça pour lancer de la meilleure des façons la quinzaine olympique », avait-il déclaré à L’Équipe avant les JO, après s’être notamment classé sixième de la discipline aux championnats du monde de Trondheim (Norvège), en mars 2025.
La médaille d’argent de Mathis Desloges résonne particulièrement avec celle, en or, qu’il avait obtenue lors de l’épreuve du 20 kilomètres des Mondiaux juniors de Planica (Slovénie), le 8 février 2024. « Il y a deux ans jour pour jour, j’étais champion du monde [des moins de 23 ans]. Ce 8 février, il me réussit bien », a-t-il souri, après la course, sur France Télévisions. Avec cette deuxième place, l’Isérois offre au ski de fond français sa première médaille depuis l’argent obtenu par Roddy Darragon, lors du sprint des Jeux de Turin 2006.
S’il n’est pas parvenu à faire véritablement douter Johannes Klaebo, décuple champion du monde qui vise un sextuplé en or lors de ces JO 2026, Mathis Desloges a su résister au retour du Norvégien Martin Nyenget dans les derniers mètres, comptant dix centièmes d’avance sur ce dernier à l’issue d’un sprint au suspense haletant. Le vingtenaire a également devancé ses compatriotes Hugo Lapalus (5?), et Jules Lapierre (9e).
Ce résultat récompense le goût pour l’entraînement de l’Isérois, qui a abandonné sa licence de sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps) pour se consacrer pleinement au ski de fond. Celui qui dit s’inspirer d’athlètes d’autres disciplines, pour établir ses techniques de nutrition et de musculation, a également intégré des méthodes d’entraînement utilisées par les Norvégiens.
Un choix qui a permis à Mathis Desloges de s’offrir, dimanche, une place de choix sur un podium olympique entre deux fondeurs du pays des fjords, de marquer l’histoire tricolore de la discipline, et d’intégrer le cercle très fermé des Français à avoir décroché la première médaille pour leur pays lors d’une édition des JO d’hiver.