Durant l’énoncé du jugement, lu par la présidente du tribunal correctionnel de Fort-de-France en Martinique, on entendait les mouches voler dans la salle d’audience, remplie par les soutiens et les familles des « grands frères ». Ils étaient 13, dont une femme, sur un banc des accusés trop petit pour tous les accueillir, à comparaître depuis le 26 janvier. Tous mis en cause pour « association de malfaiteurs », lors des émeutes de fin 2021 en Guadeloupe, pour avoir coordonné des barrages enflammés, pensé l’incendie du Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) et avoir imaginé l’attaque de la sous-préfecture ou encore l’envahissement de l’aéroport, fin décembre de cette année-là.

Mercredi 4 février, au terme de plusieurs jours d’audiences, d’auditions de témoins, de visionnages de vidéos et d’écoutes d’audios tirés des interceptions téléphoniques, sur lesquelles l’accusation reposait presque intégralement, le parquet avait requis 5 relaxes, une relaxe partielle et des peines de prison allant jusqu’à cinq ans.

Si le tribunal a finalement suivi le ministère public sur les voies de condamnations, il est resté bien en deçà des peines requises, dans une décision qui achève le dégonflage de l’affaire, largement entamé par les dix jours d’audiences : 7 des grands frères ont été condamnés à des peines de prison, allant de six mois avec sursis à deux ans ferme, soit moins que les détentions provisoires. La plus lourde peine a été prononcée à l’endroit de Didier Laurent, policier accusé d’avoir fourni des informations aux autres prévenus, en vue de permettre les exactions. Pour avoir violé le secret professionnel de sa profession qu’il se voit interdire d’exercer à vie, il écope de deux ans de prison. Les six autres prévenus ont été relaxés de l’ensemble des chefs d’accusation.

La décision est celle de « l’apaisement » pour certains observateurs. Mais elle laisse les condamnés amers, malgré le soulagement de ne pas être, à nouveau, incarcérés. « Personne ne retourne en détention, mais ce n’est pas ce qu’on voulait » a déclaré à la presse Frédéric Dumesnil, un des prévenus connu sous le nom de « Bwana », à la sortie du jugement dans la salle des pas perdus. « Je me doutais bien que le ministère public et la justice n’auraient jamais voulu accepter et admettre qu’ils nous ont incarcérés à tort », a-t-il aussi indiqué. Lui écope de six mois avec sursis après avoir effectué deux ans de détention préventive.

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