On ne compte plus les documentaires engagés, citoyens, militants, comme on choisira de les appeler, qui s’invitent dans les salles de cinéma sur des sujets politiques brûlants, et Dieu sait qu’il n’en manque pas. Vu du côté de la critique, dont c’est après tout le métier, il faut bien avouer que le travail sur le cinéma est ici trop rarement au rendez-vous, quel que puisse être l’intérêt général des sujets abordés. Défilé de têtes parlantes, plans de coupe décoratifs, administration d’un discours de vérité, absence de point de vue contradictoire, défaut du doute et de la fragilité qui fondent le vivant : voilà qui contribue à en réduire considérablement la portée.

Soulèvements, de Thomas Lacoste, qui tourne depuis bientôt un mois dans une série d’avant-premières pleines à craquer, échapperait-il à cet écueil ? Pas vraiment du strict point de vue des critères précédemment énoncés. Assurément, toutefois, dès lors qu’on prend en compte la qualité des intervenants, partant la qualité de leur écoute, la distribution de leur choix et de leur parole, l’attention portée à leur rapport concret au monde plutôt qu’à leurs convictions idéologiques, le renversement, enfin, des préjugés courant sur le sujet.

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