Elections au Bangladesh : après la révolution étudiante, la promesse d’un retour à la démocratie

Sous les acclamations de la foule qui scande son nom à l’unisson, Tarique Rahman entre en scène. Chemise blanche, pantalon beige, il arbore un style et un sourire décontractés. En ce dernier jour de campagne, la figure du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) court d’un rassemblement politique à un autre à travers la capitale, Dacca. Dans le quartier huppé de Banani, il salue longuement ses milliers de supporteurs avant de prendre place sur l’estrade. « Nous avons renversé un gouvernement autocratique, désormais, il nous faut reconstruire le pays », lance-t-il au public. A 60 ans, héritier d’une puissante dynastie politique du Bangladesh, il pourrait devenir le prochain premier ministre, après avoir passé dix-sept ans en exil forcé à Londres.

Quelque 127 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, jeudi 12 février, pour choisir les 350 membres du Parlement, un scrutin historique à bien des égards. Ces élections législatives seront les premières depuis la chute de l’ancienne première ministre Sheikh Hasina, chassée par une révolte étudiante en août 2024, qui fut réprimée dans le sang – près de 1 400 personnes sont mortes, selon l’ONU. L’exercice, qui s’accompagne d’un référendum constitutionnel sur les réformes politiques à entreprendre, marquera « l’étape finale de la délicate transition politique en cours depuis un an et demi », assurée par le Prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, d’après l’ONG International Crisis Group.

Les dernières élections libres et transparentes remontent à 2008 et avaient porté la Ligue Awami, formation de Sheikh Hasina, à la tête du pays. Les scrutins suivants ont tous été entachés d’irrégularités afin de maintenir au pouvoir son régime marqué par la corruption et une grave dérive autoritaire, largement documentée par les organisations de défense des droits humains. En 2014, l’opposition avait boycotté les législatives, en 2018, la Ligue Awami avait bourré les urnes la nuit précédant le vote. Puis, en 2024, le scrutin s’était une fois encore tenu en l’absence du principal parti d’opposition, le BNP, après l’arrestation de milliers de ses dirigeants et sympathisants.

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