Dans le brouillard de Cortina (Italie), Romane Miradoli a choisi le meilleur des moments pour jaillir dans la lumière. En terminant à la 2? place du super-G des Jeux olympiques (JO) d’hiver 2026, derrière l’Italienne Federica Brignone, mercredi 12 février, la native de Samoëns (Haute-Savoie) a décroché la première médaille du ski alpin féminin français depuis près d’un quart de siècle. Vingt-quatre ans jour pour jour, précisément, après le sacre olympique de Carole Montillet, obtenu sur la descente de Salt Lake City (Etats-Unis), en 2002.

Pour la pensionnaire de l’Interclub Magland Désert blanc, ce résultat ne se présentait pourtant pas comme une évidence, après son entrée en lice manquée, dimanche, et une décevante 16e place lors de la descente. Au point d’être, un temps, découragée. « Il s’est passé tellement de choses cette semaine… Avant la descente, j’avais envie de rentrer chez moi, parce que ça n’allait pas du tout », relatait Romane Miradoli, après sa course, au micro de France Télévisions.

Mais, pour sa troisième – et possible dernière – participation aux JO, où elle n’avait jamais dépassé la 11e place (au super-G de Pékin, en 2022), la Française de 31 ans est finalement parvenue à se libérer de la pression qui l’avait jusque-là submergée. « J’ai voulu me remobiliser, le super-G, c’est ma discipline », affirmait auprès d’Eurosport celle qui avait connu sa seule victoire en Coupe du monde lors de l’épreuve de Lenzerheide (Suisse), en mars 2022. « J’étais bien au départ, j’ai même plutôt bien dormi. Comme quoi, aucun départ ne se ressemble. »

Et Romane Miradoli a idéalement négocié le sien, jeudi, en signant un temps remarquable (1 min 2 s 41), sur l’exigeant tracé de l’Olimpia delle Tofane. Sous un léger blizzard, la Française a notamment profité de l’abandon de 16 skieuses, dont plusieurs prétendantes au podium – l’Allemande Emma Aicher, l’Italienne Sofia Goggia, l’Américaine Breezy Johnson –, piégées par la piste et les conditions météorologiques. Accusant d’abord un léger retard en haut du parcours, la skieuse savoyarde s’est montrée particulièrement à l’aise sur le bas, s’extirpant avec adresse des multiples difficultés.

Deuxième du super-G de Saint-Moritz (Suisse), le 14 décembre, son premier podium depuis mars 2025, Romane Miradoli confirme qu’elle vit actuellement la meilleure période de sa carrière. En plus d’apporter à l’équipe de France de ski alpin sa première médaille lors de ces JO, au lendemain de la 4? place frustrante de Nils Allègre lors du super-G masculin, la Haut-Savoyarde a également effacé une marque tricolore supplémentaire, en mettant fin à trente-quatre ans de disette française dans cette spécialité, depuis la médaille d’argent de Carole Merle, à Albertville (Savoie) en 1992.

La persévérance affichée par la Française pour s’adjuger cette médaille fait écho à celle de la skieuse qui l’a devancée au classement : l’Italienne Federica Brignone, gravement blessée – double fracture tibia-péroné et rupture du ligament croisé antérieur – en avril 2025, lors des championnats d’Italie.

Le retour gagnant de la native de Milan, chaudement acclamée par ses supporteurs, tranche en revanche avec le pari manqué de Lindsey Vonn. Dimanche, au départ de la descente, neuf jours après avoir subi une rupture du ligament croisé du genou gauche, la « speed queen » américaine avait lourdement chuté, et vu fondre son rêve olympique. Elle-même convalescente pendant près d’un an, en 2021, à Cortina, Romane Miradoli a su revenir à son meilleur niveau, pour soigner son palmarès, et vivre le plus beau jour de sa carrière.

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