Emmanuel Macron souhaite une « peine d’inéligibilité obligatoire » pour les élus coupables d’« actes et de propos antisémites, racistes et discriminatoires », car les hommes et les femmes politiques doivent être « des sentinelles de la République ».
« Trop souvent, les peines délivrées contre les auteurs de délits et crimes antisémites semblent dérisoires. Pour faire la transparence et la vérité, je souhaite que soit mis en place un suivi précis des peines et des sanctions », a-t-il déclaré, vendredi 13 février, à l’occasion de son hommage à Ilan Halimi, jeune juif séquestré et torturé à mort en 2006.
« Le gouvernement et le Parlement travailleront à un renforcement de la pénalisation des actes antisémites et racistes », a-t-il par ailleurs assuré, sans davantage de précisions.
Le chef de l’Etat a dénoncé « l’hydre antisémite » qui s’est immiscée « dans chaque interstice » de la société « depuis vingt ans ». Selon lui, la « barbarie antisémite n’a pas reculé. Au contraire, elle n’a cessé de se régénérer ».
M. Macron s’en est pris successivement à « l’antisémitisme islamiste à l’origine du pogrom du 7-Octobre » en Israël, à « l’antisémitisme d’extrême gauche (…), qui le dispute à celui d’extrême droite et ses clichés sur la puissance et la richesse », et à « l’antisémitisme qui utilise le masque de l’antisionisme pour progresser à bas bruit ».
Le président français a aussi critiqué les tentatives de « déshumaniser » les « compatriotes juifs ». « Tant et tant d’insultes, de coups, de menaces, d’angoisses. Tant et tant que les statistiques des actes antisémites [sont] en forte hausse depuis le 7-Octobre », a-t-il rappelé.
Selon un rapport du ministère de l’intérieur sur les actes antireligieux, depuis vingt-cinq ans, les actes antisémites « n’ont jamais été aussi élevés que pendant les trois dernières années », dans un contexte de forte hausse à la suite de l’attentat du 7 octobre 2023, note le ministère. Entre 2023 et 2024, ces actes avaient été multipliés par quatre. « Parce qu’on ne saurait effacer les Français juifs de la photo de famille de la République, parce que lorsque dans la patrie un juif est en danger, c’est la patrie elle-même qui est en danger », a expliqué M. Macron.
Pour lutter « contre le poison de la haine numérique », la France « demandera des comptes aux grandes plateformes et des résultats mesurables dans le retrait rapide des contenus haineux ». « Si les engagements ne sont pas tenus, nous activerons le droit européen, qui prévoit des amendes significatives », a-t-il assuré.
Le chef de l’Etat a ensuite planté un chêne dans le jardin de l’Elysée, « symbole d’enracinement de la mémoire d’Ilan Halimi dans la République ».