Affaire Epstein : derrière les complaisances, l’indifférence à la délinquance sexuelle

La déferlante est mondiale, depuis que le ministère de la justice américain a publié en accès libre 3 millions de documents inédits le 30 janvier. En Norvège, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en France, en Suisse ou en Slovaquie, des personnalités ou des conseillers politiques de premier plan, des diplomates de haut rang, des dirigeants d’entreprises ou d’organisations en vue sont contraints à la démission par l’affaire Jeffrey Epstein, qui agit comme une machine infernale à déshonneur. La plupart de ces personnes déchues ne sont pas accusées d’avoir pris une part active aux crimes du financier new-yorkais mort en 2019, ni même d’en avoir en été les complices. Elles ne semblent donc pas risquer de poursuites pour des infractions sexuelles.

Les célèbres proches d’Epstein sur lesquels des enquêtes judiciaires ont été ouvertes sont plutôt soupçonnés, à ce stade, de délit financier ou d’atteinte à la probité. C’est le cas des anciens ministres Jack Lang en France, et de Peter Mandelson au Royaume-Uni, ou d’un couple de diplomates norvégiens, Mona Juul et Terje Rod Larsen. Une exception notable dans ce paysage : Andrew Mountbatten-Windsor, l’ex-prince Andrew. Ecarté de la famille royale britannique, le frère du roi Charles III fait l’objet d’investigations dans son pays visant à vérifier s’il a transmis en 2010 des informations confidentielles à son ami américain. Mais il pourrait aussi être inquiété pour son implication dans le trafic sexuel organisé par Epstein.

Tous ces personnages, dont les médias du monde entier documentent peu à peu la proximité avec le milliardaire, se voient surtout montrés du doigt pour une même faillite morale. Il leur est reproché d’avoir maintenu des liens ténus et souvent chaleureux avec le criminel sexuel malgré sa condamnation par la justice américaine en 2008 pour sollicitation de prostitution de mineure – une décision qui était publique, facilement accessible et connue dès le début des années 2010, quoi qu’en disent les éléments de langage aujourd’hui utilisés par les uns et les autres. A l’époque, il avait une « réputation détestable », a reconnu le patron d’Hermès, Axel Dumas, qui affirme l’avoir rencontré par inadvertance en 2013, mais avoir toujours cherché à le maintenir à l’écart.

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