Pour sa 62? édition, la Conférence de Munich sur la sécurité, qui s’est ouverte vendredi 13 février, avait pris pour symbole une wrecking ball, cette lourde sphère d’acier suspendue à une grue utilisée pour détruire des bâtiments. Une métaphore d’un ordre mondial en « cours de démolition » sous l’effet de la brutalité de Donald Trump faisant fi des règles anciennes, précisent les organisateurs de ce sommet, haut lieu de la relation transatlantique. Un an après le choc provoqué par le discours du vice-président américain, J. D. Vance, les chefs d’Etat et de gouvernement du Vieux Continent devaient apporter leur réponse à cette Amérique qui les méprise, et définir leur place dans ce nouveau monde.
J. D. Vance n’était pas dans la salle pour entendre la riposte européenne. C’est le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, qui s’est exprimé, samedi, au nom des Etats-Unis, dans l’enceinte de l’hôtel arts-déco Bayerischer Hof. L’homme est réputé moins hostile aux Européens. Mais son constat est le même que ceux de Donald Trump et du vice-président. Depuis la tribune du « MSC » (Munich Security Conference), Marco Rubio décrit, comme l’avait fait un an plus tôt le vice président américain, l’Occident comme en proie à deux fléaux, « l’immigration de masse » et la « désindustrialisation », qu’il faudrait combattre pour redonner sa « fierté » à une civilisation occidentale en péril.