Des perquisitions étaient en cours, lundi 16 février au matin, dans plusieurs lieux, dont l’Institut du monde arabe (IMA), à Paris, dans le cadre de l’enquête visant Jack Lang pour ses liens financiers présumés avec Jeffrey Epstein, a communiqué Pascal Prache, patron du Parquet national financier (PNF). Le PNF avait ouvert le 6 février une enquête pour soupçons de « blanchiment de fraude fiscale aggravée » visant l’ex-ministre et sa fille, Caroline Lang.
« Je me réjouis parce que je n’ai rien à cacher », a réagi auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Jack Lang, qui a fait ses adieux lundi à cette institution qu’il a dirigée pendant 13 ans. « Je suis totalement serein, confiant », a-t-il ajouté. « Je me réjouis que la justice financière se mette en branle », a-t-il également déclaré dans son discours au personnel de l’IMA, sans faire référence explicitement aux perquisitions, a constaté un journaliste de l’AFP présent.
Si aucune charge ne pèse, à ce stade, contre Jack Lang, qui a quitté la tête de l’IMA sous la pression, les documents rendus publics par la justice américaine mentionnent son nom des centaines de fois dans des échanges avec Jeffrey Epstein, et révèlent des liens d’intérêt avec le financier et prédateur sexuel américain. Les investigations sont confiées à l’office national antifraude, a précisé Pascal Prache dans son communiqué.
Selon une enquête publiée le 2 février par Mediapart, Caroline Lang a fondé en 2016 avec Jeffrey Epstein une société offshore domiciliée aux îles Vierges américaines. A la suite de ces révélations, elle a démissionné dans la foulée de son poste de déléguée générale du syndicat de la production indépendante.
Le gouvernement français avait salué dimanche la démission de Jack Lang de la présidence de l’IMA après l’ouverture de l’enquête du PNF. Les services d’Emmanuel Macron avaient demandé à l’ex-ministre socialiste de 86 ans de « penser à l’institution » qu’il dirigeait, après les révélations des dossiers publiés aux Etats-Unis le 30 janvier sur l’affaire Epstein.
Ancienne figure du Parti socialiste français, l’ex-ministre de la culture, célèbre notamment pour avoir lancé dans les années 1980 le concept de la Fête de la musique, avait assuré que les accusations portées à son encontre étaient « infondées ».
« Les accusations portées à mon encontre sont inexactes et je le démontrerai », avait aussi insisté Jack Lang dans un courrier adressé au ministre des affaires étrangères, dont dépend l’IMA et dont l’AFP avait pris connaissance.