La dame, en veste kaki, bougonne. La rénovation de son appartement dans un petit immeuble vert endommagé par le séisme du 28 mars 2025, à Naypyidaw, a à peine commencé. « Je ne voudrais pas me plaindre, mais ça a pris beaucoup de temps », dit-elle. Depuis des mois, elle vit sous une tente estampillée « China Aid », plantée sur l’allée devant chez elle. Hors de question qu’elle donne son nom dans cette ville de fonctionnaires où notre présence tient à un visa de presse de six jours, pour les élections législatives, fin janvier. Elle travaille au Parlement. Sa réouverture, cinq ans après le coup d’Etat militaire qui a renversé le gouvernement d’Aung San Suu Kyi ne semble pas l’émouvoir.

L’immense complexe parlementaire est encore en travaux. Il est inaccessible et invisible : l’avenue à vingt voies qui y mène est barrée, non loin du rond-point du Lotus royal, où s’est jouée l’une des scènes les plus surréalistes du 1er février 2021. Ce matin-là, une coach de fitness se filmait en gilet fluo, dos à l’avenue, lorsqu’une colonne de véhicules noirs et de blindés entra dans le champ pour foncer vers le Parlement. Le coup d’Etat commençait. Sa vidéo fit le tour du monde.

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