Pour les Jeux des Alpes 2030, un compte à rebours lancé en pleine tourmente

Quand La Force du destin de Verdi retentit, ce 2 février, sous les ors et les boiseries de la Scala, à Milan (Italie), en ouverture de la soirée officielle du Comité international olympique (CIO), Cyril Linette et Edgar Grospiron donnent encore le change. En coulisse, le directeur général (DG) et le président du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) d’hiver 2030 dans les Alpes françaises assurent même que la confiance n’est pas rompue entre eux. Mais on est au théâtre. Et comme dans l’opéra du maître italien, le duo est vite rattrapé par une sorte de destin tragique. Une semaine à peine après cette soirée, alors que la grand-messe des sports de neige et de glace bat son plein à Milan-Cortina, le Cojop acte publiquement des « désaccords insurmontables » entre les deux protagonistes, et amorce le départ de Cyril Linette.

« J’ai le mandat pour mener cette procédure à son terme. Et ça le sera dans les jours qui viennent », assurait Edgar Grospiron à la presse, dimanche 22 février, à quelques heures de la fin des XXV?s Jeux olympiques (JO) d’hiver. Depuis, lors de la cérémonie de clôture dans les arènes de Vérone, la France a symboliquement reçu le drapeau aux anneaux, présenté lundi à Albertville (Savoie), pour le retour des athlètes médaillés. Dans un peu plus de mille quatre cents jours, la flamme, tout juste éteinte en Italie, devrait brûler à nouveau, cette fois de l’autre côté des Alpes. Difficile pourtant de s’y projeter, tant l’édifice péniblement construit vacille, depuis que la France a été choisie, en juillet 2024, pour accueillir la prochaine édition hivernale des JO. Au Cojop, le fauteuil de DG s’annonce bientôt vacant et celui de président est devenu un siège éjectable.

Les premières secousses ont commencé en décembre 2025, avec le départ de la directrice des opérations, suivi, en janvier, par celui du directeur de la communication. Puis, début février, c’est Bertrand Méheut, président du comité des rémunérations – un organe indépendant chargé de donner son avis sur les rétributions et avantages en nature des salariés des Alpes 2030 –, qui a claqué la porte. Avant de quitter sa fonction, il a livré un réquisitoire sévère contre Edgar Grospiron : « Il se comporte comme s’il était président-directeur général, hors de tout contrôle, sans en avoir la compétence », écrivait ainsi M. Méheut dans un e-mail envoyé à ses collaborateurs.

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