Après des années fastes pour la création artistique parisienne, la fête est-elle finie? A quelques semaines des municipales, force est de constater que des fermetures de scènes festives et culturelles, passées ou annoncées, s’enchaînent.
La fermeture du bar-concert L’International, dans le 11e arrondissement, en avril 2025, pour cause de problèmes de gestion et de non-obtention d’une subvention, aurait pu laisser augurer de cette triste série. En décembre 2025, c’est le lieu de vie collectif et solidaire Fawa, dans le 19e arrondissement, ses programmations performatives drag et technos sous le boulevard périphérique, qui était placé en liquidation judiciaire pour des problèmes de gestion et un lourd endettement contracté pour d’imposants travaux de mise en sécurité, dans un local appartenant à la Ville de Paris.
D’autres fermetures sont annoncées pour bientôt. En juin, La Flèche d’Or, dans le 20e arrondissement, haut lieu des scènes queer et des luttes féministes et antiracistes, devrait, à son tour, fermer ses portes pour travaux, tandis que l’Inter-Co, le collectif gestionnaire de cette emblématique salle de concert, sera mis en concurrence avec d’autres gérants potentiels.
A quelques centaines de mètres, de l’autre côté du périphérique, Le Sample, à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), devrait fermer ses portes le même mois, privant ses 90 artistes résidents de leur espace de travail et ses 35 000 spectateurs annuels d’une programmation à la croisée de la fête, de la performance, de la poésie et du cabaret. A la place : un projet immobilier, dont les travaux débuteront à l’été.
A l’automne, c’est une autre centralité des nuits parisiennes qui disparaîtra le temps de longs travaux dans le cadre d’un monumental chantier, à la porte d’Aubervilliers : La Station-Gare des Mines, dans le 18e arrondissement, quittera le lieu qu’elle occupe depuis dix ans, sans proposition de relogement pour le moment, et avec l’inquiétude légitime de la suspension de ses activités le temps du chantier.