La présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, estime que toute alliance avec La France insoumise (LFI) aux élections municipales des 15 et 22 mars reviendrait à un « déshonneur » et à un « reniement », dans un entretien à La Tribune dimanche, le 1er mars.

« Je demande, une fois de plus, à la direction du Parti socialiste une rupture claire et définitive avec La France insoumise. Sinon c’est le reniement même de notre histoire, de Jaurès, de Blum, de Mitterrand, de nos engagements », affirme Mme Delga.

Pour cette opposante de longue date à tout accord avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, « si au soir du premier tour » des municipales « il y a une union avec La France insoumise, dans quelque ville que ce soit, je rappellerai aux socialistes le reniement que cela signifie ». « Nous ne partageons pas la vision de LFI sur le vivre-ensemble, sur la République, sur la laïcité… Je suis une femme de gauche qui pense qu’il faut réparer les injustices en rassemblant, pas en déclamant ou en antagonisant davantage la société », a-t-elle poursuivi.

Les « insoumis » en général, et Jean-Luc Mélenchon en particulier, sont dans l’œil du cyclone depuis deux semaines après la mort du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque, affaire pour laquelle plusieurs membres du mouvement antifasciste Jeune Garde, proche de LFI, sont mis en examen. M. Mélenchon essuie en parallèle un nouveau procès en antisémitisme après avoir ironisé sur la prononciation du nom du criminel sexuel américain Jeffrey Epstein. Dans ce contexte, les partenaires politiques de LFI affichent leurs distances, même si le PS n’exclut pas des alliances « au cas par cas » dans certaines villes.

La question se pose notamment à Toulouse, siège de la région de Mme Delga, où le candidat socialiste François Briançon pourrait faire basculer la ville, à condition de rallier au second tour les voix du candidat « insoumis » François Piquemal. Un scénario que Mme Delga écarte : « J’ai trop de respect pour les Français, les électeurs et les militants. Je ne gagnerai jamais au prix du déshonneur. Ce sera sans moi », a-t-elle promis.

Pour autant, Mme Delga ne balaie pas l’hypothèse de désistements, y compris en faveur de LFI, si des municipalités pouvaient être emportées par le Rassemblement national (RN). « S’il existe un risque de victoire du RN, alors il faudra se retirer, mais sans fusion. Je ne cesserai jamais de lutter contre l’extrême droite, mais je n’accepterai pas non plus que mon parti puisse s’unir avec La France insoumise », a-t-elle précisé.

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