« L’éducation doit viser à former des êtres humains de premier ordre, et non des robots de second ordre. » Lorsque Andreas Schleicher prononce cette phrase, en mai 2019, nous sommes près de trois ans avant le lancement de ChatGPT, et le directeur de l’éducation à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pressent la complexité des enjeux qui guettent l’enseignement supérieur.
Remplacer les humains ou les « augmenter » ? Tel un Janus, l’intelligence artificielle (IA) présente deux faces, qu’universités et grandes écoles doivent appréhender avec doigté. Leur mission : former des étudiants, dans toutes les disciplines, pour qu’ils aient un usage responsable et adapté de ces technologies dans leur futur domaine professionnel.
Depuis le rapport du mathématicien et ancien député Cédric Villani, publié en mars 2018, la France s’est dotée d’une stratégie nationale pour l’IA. A travers des appels à projet, l’Etat mobilise actuellement quelque 2,5 milliards d’euros dans le cadre du plan France 2030 pour accélérer le développement de nouvelles formations ou l’adaptation de formations existantes aux besoins de compétences des nouvelles filières et des métiers dits « d’avenir ».
« L’enjeu n’est pas de rivaliser avec les machines sur leur propre terrain, mais de former des humains capables de rester pleinement humains dans un monde de machines intelligentes », a résumé François Germinet, professeur à Cergy-Paris Université, lors d’un colloque sur les compétences et les savoirs à l’Institut des hautes études de l’éducation et de la formation, le 20 janvier.