« Je t’aime, Meredith Grey, et je veux passer le reste de ma vie avec toi », murmure le docteur Shepherd. Pour sa demande en mariage, le chirurgien aux yeux bleus perçants a tapissé l’ascenseur de l’hôpital de radios d’IRM cérébrales – les opérations partagées avec son ancienne interne et future fiancée. Dans la série américaine Grey’s Anatomy, créée en 2005 par Shonda Rhimes, toute la vie amoureuse et professionnelle des médecins s’écrit au sein d’un hôpital imaginaire de Seattle, au détour des couloirs et entre deux chirurgies à suspense. Et si, au-delà de cette version outre-atlantique fantasmée, l’amour flottait aussi bel et bien dans les couloirs des facultés de médecine et hôpitaux publics français ?

Il s’avère que, en France, la probabilité pour un médecin d’être en couple avec un autre médecin est de 30 %. Un chiffre particulièrement haut lorsqu’on considère que les 237 000 médecins en activité et les 94 000 étudiants en médecine représentent moins de 0,5 % de la population. « Les titulaires de doctorat en médecine présentent un fort degré d’homogamie éducative, c’est-à-dire une tendance à s’unir lorsqu’on a des caractéristiques éducatives semblables », assure Vincent Lignon, maître de conférences en sciences économiques à l’université de Perpignan Via Domitia. Dans l’étude qu’il a coécrite en 2015 pour la revue Economie et Statistique, il s’agit même du diplôme pour lequel le degré d’homogamie est le plus haut, devant le master d’école de commerce (18 %).

De fait, on sait déjà que le coup de foudre n’a rien d’aléatoire, pour les médecins comme pour le reste de la population. On se rencontre le plus souvent au cours de ses études, au travail, par des amis communs. Chacun a ainsi plus de chance de vivre avec quelqu’un d’un même groupe social. Néanmoins, si la tendance globale, depuis cinquante ans, est à un affaiblissement de l’homogamie, celle-ci continue d’augmenter pour les filières d’élite – comme les grandes écoles –, selon une étude menée à partir des enquêtes de l’Insee de 1969 à 2011. « La médecine pourrait se rapprocher des grandes écoles, puisqu’il y a eu une féminisation, qui crée des possibilités de couples homogames qui n’existaient pas avant », estime Milan Bouchet-Valat, sociologue à l’Institut national d’études démographiques et auteur de l’étude.

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