Chez les Difallah, mieux vaut ne pas rater le poulet dominical. On ne sait jamais ce qu’il peut s’y passer. Comme lors de ce dimanche de décembre 2021, où, sous les applaudissements d’une quinzaine de proches et de leurs trois enfants, Azdine Difallah, 55 ans, s’est agenouillé devant Maryline Difallah, 47 ans. Après vingt et un ans de vie commune. « J’avais lâché l’affaire ! Je ne m’y attendais pas du tout. C’était très émouvant », se rappelle Maryline, qui a accepté la demande en mariage au moment du dessert.
Rien d’aussi spectaculaire ne se profile en ce dimanche 8 février. Pour autant, hors de question pour les trois filles, Ema, 9 ans, Elina, 17 ans, et Mélia, 21 ans, de manquer à l’appel de ce rituel hebdomadaire. « S’il y a un absent à table, c’est qu’il est malade », affirme Maryline. Ce qui manque, aujourd’hui, ce sont des œufs : l’été dernier, les Difallah ont acheté deux poules. Azdine les a installées dans le jardin de leur maison de Busset (Allier), en plein bassin vichyssois. L’une a été tuée par un renard. L’autre n’a pondu que deux œufs cette semaine. Alors, pour ne pas mettre en péril le dessert, Azdine a fait un crochet par le supermarché du coin.
Chez les Difallah, on s’endimanche dans l’assiette. « On est habillés en mode maison. Le petit effort n’est pas de s’apprêter mais d’être là et de partager un bon déjeuner », affirme Mélia. Etudiante en droit à Paris, elle revient presque tous les week-ends. A partir du mercredi ou du jeudi, il lui arrive de compter les jours. « La solitude de la vie étudiante n’est pas toujours facile. C’est réconfortant de savoir qu’on sera tous réunis le dimanche, quoi qu’il arrive. »