La bataille mondiale pour le gaz a déjà commencé et l’Europe est en première ligne. Depuis mercredi 4 mars, au moins quatre méthaniers, ces navires-usines aux larges cuves réfrigérées, servant à transporter le gaz naturel liquéfié (GNL) sur de longues distances, ont brutalement changé d’itinéraire : alors qu’ils se dirigeaient vers la France, la Belgique ou encore l’Espagne, ces bateaux partis d’Afrique et des Etats-Unis ont finalement pris la direction de l’Asie, selon les données de la société d’analyse maritime Kpler.

Le commerce du gaz est gravement perturbé par la guerre au Moyen-Orient, qui entre, samedi 7 mars, dans sa deuxième semaine : plus aucune cargaison ne passe par le détroit d’Ormuz, ce goulet maritime par où transite normalement chaque jour 20 % du GNL mondial. Au Qatar, la plus grande usine de GNL au monde est à l’arrêt depuis lundi, après qu’elle a subi une attaque iranienne de drone.

Or, même si le conflit prenait fin immédiatement, le retour à un cycle normal de livraisons prendrait « des semaines, voire des mois », prévient le ministre de l’énergie de l’émirat gazier dans une interview au Financial Times, vendredi. Saad Al-Kaabi met aussi l’Europe en garde : sans être la principale cliente de la région, elle doit se préparer à subir un sérieux contrecoup car les acheteurs asiatiques vont être prêts à surenchérir pour tout le gaz disponible sur le marché.

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