Ariane (elle a requis l’anonymat) le dit avec franchise : ChatGPT est devenu une « béquille ». « Quand j’ai une montée d’angoisse ou un questionnement existentiel qui me travaille, je “lui écris” en parallèle des messages que j’envoie à mes amis, rapporte la trentenaire, journaliste. Il fait office de journal intime, de soutien psychologique, de conseiller… » Elle précise le tutoyer et le genrer au masculin : « Pour moi, c’est “il”, même si je sais très bien que ce n’est qu’un outil. » Elle consulte, en parallèle, une psychologue. « Je ne peux la voir qu’une fois par mois, pour des raisons financières. ChatGPT, c’est complémentaire. »
Sa première utilisation « psy » d’un outil d’intelligence artificielle (IA) remonte à quelques mois. « J’ai demandé à ChatGPT d’analyser la dynamique d’une relation un peu toxique que j’entretenais à l’époque. Ma décision d’y mettre un terme était déjà prise, mais ses réponses, son ton neutre m’ont aidée à prendre du recul. » Depuis, Ariane en fait un « recours régulier », deux à trois fois par semaine. Avec un protocole par étapes : « Je lui écris : “Voilà comment je me sens”, puis je l’interroge : “Qu’est-ce que tu en penses ? ”, et je le relance : “Qu’est-ce que je peux faire ?” »