Quatre ans après son arrivée à la tête du gouvernement marocain, en octobre 2021, et à moins d’un an des élections législatives, le premier ministre, Aziz Akhannouch, voit son nom conspué dans la rue. Les jeunes protestataires – 70 % d’entre eux sont mineurs, selon le ministère de l’intérieur – réclament son départ depuis le 27 septembre, exaspérés par la vie chère, un taux de chômage endémique et les défaillances des services publics d’éducation et de santé. Le mouvement, sans précédent depuis les manifestations dans le Rif en 2016, a germé à Agadir après la mort de huit femmes à la suite de césariennes dans un hôpital local. Une ville dont Aziz Akhannouch est maire mais où il ne s’est pas rendu lundi 6 octobre pour le vote du prochain budget de la commune, comme il le fait pourtant habituellement.
Le premier ministre, qui préside le Rassemblement national des indépendants (RNI), un parti politique de centre droit, proche de la royauté, incarne un système à deux vitesses : il est aussi l’héritier d’un empire économique mêlant des sociétés du secteur du pétrole, de l’immobilier, du tourisme et des médias, qui en fait l’un des hommes les plus riches du pays, selon le classement du magazine Forbes en 2024, avec une fortune estimée à 1,6 milliard de dollars (1,4 milliard d’euros).