Une longue volée de marches débouchant sous une arche néo-antique et un amphithéâtre cerné de façades en béton préfabriqué, ponctuées de bow-windows, de colonnes et d’arcs habités, abritant au total près de 600?logements sur 18?étages. Pour le visiteur qui les découvre ou qui y revient, la théâtralité des Espaces d’Abraxas, manifeste de l’architecture postmoderniste construit entre 1978 et 1983 par l’architecte espagnol Ricardo Bofill, dans le quartier du Mont-d’Est de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), fait toujours son effet. Une rue à peine le sépare d’un autre colosse de béton, qui raconte un autre pan de l’architecture du XXe siècle : le parking conçu dans les années 1970 par le Français Jacques Kalisz, avec ses rampes hélicoïdales se frôlant presque, monument brutaliste à la lisière d’un centre commercial.

C’est ce décor portant la trace ostensible du temps (une réhabilitation de l’ensemble de Bofill a récemment commencé) que la galerie d’art et de design Philia a investi pour son dixième anniversaire. « Nous cherchions un lieu architectural fort, et nous avons été frappés par le contraste entre ces deux bâtiments qui se côtoient et incarnent, à leur manière, l’ambition utopique des villes nouvelles : d’un côté, le geste néoclassique de Ricardo Bofill, avec sa profusion de références antiques, de l’autre, le parking de Jacques Kalisz, plus dur, presque râpeux, dont l’état assez dégradé dit aussi la fragilité », explique le Français Ygaël Attali, cofondateur de Philia avec son frère Yaïr.

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