La pluie tombe sur Memphis (Tennessee). Elle n’est pas la seule à inciter la population à rester cloîtrée. Dans un quartier de l’est de la ville, une patrouille pédestre déambule en treillis. Ses membres portent l’inscription « police militaire », et l’on ne saurait dire leur mission exacte, tant ils semblent désœuvrés. Ils passent devant une église, qui tient aussi lieu de centre communautaire. Deux heures plus tard, au même endroit, sur un parking, un couple force la porte d’une voiture de sport bleue avec un cintre en métal. Dissuasion de peu d’effet.

Annoncé fin septembre, le déploiement de forces fédérales dans la ville de Memphis a été salué avec enthousiasme par le gouverneur du Tennessee, le républicain Bill Lee. Pendant des semaines, Donald Trump avait envisagé de s’en prendre à Chicago (Illinois), après l’envoi de la garde nationale à Los Angeles, en Californie, en juin, puis à Washington en août.

Mais c’est Memphis qui a été choisie pour servir de laboratoire à une task force regroupant les effectifs locaux, de nombreuses agences fédérales, comme le FBI ou les US Marshals, et la garde nationale du Tennessee. Objectif : montrer que l’administration Trump nettoie les grandes villes américaines de la criminalité, en combinant cette lutte avec la traque des clandestins. Il s’agit aussi de banaliser la présence de militaires, en prévision de supposés troubles urbains à prévenir avant les élections de mi-mandat, dans un an. Cette stratégie s’inscrit dans une mise sous tension de la société américaine, voulue et cultivée par l’administration Trump.

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