En exagérant à peine, on pourrait lui trouver des airs de Gregor Samsa, le personnage de La Métamorphose, de Kafka (1915). Catalina, la protagoniste du premier roman de Rosario Villajos, a 16 ans et se retrouve flanquée d’un corps auquel elle se sent étrangère : 1,80 mètre (soit une tête de plus que toutes ses amies), des seins qui se développent, des courbes qui s’affinent, rien qui lui inspire le moindre sentiment de familiarité ou de fierté.

Ce rapport à une enveloppe qui, aux yeux de la lycéenne, a tout de monstrueux, la romancière espagnole en fait le sujet d’une histoire simple. Elle se déroule sur une soirée, entre 18 h 15 et 21 h 45. Nous sommes en 1994. Catalina a quitté précipitamment la maison de campagne de son amie Silvia après que le père de celle-ci a eu des gestes déplacés à son égard. Sans moyen de locomotion et excluant d’appeler ses parents – ils ne comprendraient rien à la situation –, elle décide de rentrer chez elle en auto-stop. Le risque est grand, elle le sait. D’autant que le pays est encore sous le choc de la disparition et du meurtre de trois jeunes filles. Pourtant, Catalina espère tomber sur un automobiliste qui la raccompagnera chez elle, à l’heure pour le dîner.

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