C’est un des axes les plus anciens de Paris, longtemps considéré comme l’un des plus attractifs. Le boulevard Saint-Michel, qui sépare les 5e et 6e arrondissements sur 1,5 kilomètre, subit aujourd’hui une crise aiguë du commerce. Dans un « diagnostic flash » publié en juillet, l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) y mesurait un taux de vacance de 18 %, contre 10,9 % dans la capitale.
« Le boulevard Saint-Michel est emblématique de ce qui se joue aujourd’hui dans de nombreux quartiers de Paris : une mise sous pression du commerce de proximité, pris en étau entre loyers inaccessibles, spéculation foncière, plateformes de livraison et fast fashion », synthétise le communiste Nicolas Bonnet-Oulaldj, adjoint à la maire chargé du commerce.
La situation est telle qu’elle a poussé la Ville de Paris à activer pour la première fois, en juin, la taxe sur les friches commerciales afin d’« inciter les propriétaires à remettre sur le marché les locaux vacants ». Celle-ci, qui se déclenche au bout de deux ans d’inexploitation avec un taux progressif, est considérée comme trop peu dissuasive par la gauche mais aussi par les centristes du MoDem ou la droite modérée d’Horizons. « C’est surtout symbolique », reconnaît M. Bonnet-Oulaldj, qui a écrit à tous les propriétaires pour engager le dialogue.