« Vingt jours de prison et Nicolas Sarkozy en fait un livre. C’est comme si je sortais un essai féministe parce que j’ai vidé le lave-vaisselle »

Dostoïevski avait écrit Le Joueur en vingt-sept jours. Jack Kerouac a gratté son célèbre Sur la route en trois semaines. Georges Simenon, lui, dégainait un Maigret en une dizaine de jours, plus trois pour les relectures. L’ancien président Nicolas Sarkozy vient de pulvériser leurs records, annonçant l’arrivée en librairie des 216 pages de son Journal d’un prisonnier (Fayard) le 10 décembre, soit cinquante jours après le début de sa détention. Incarcération, temps d’écriture, d’édition et d’imprimerie compris.

Jusqu’à présent, les livres express étaient surtout des secrets de campagne publiés au lendemain d’une élection (les éditeurs espérant toujours qu’un de ces ouvrages écrit sur le candidat, victorieux ou pas, prenne la vague du succès), ou des biographies de personnalités fraîchement disparues. L’ancien président inaugure un nouveau genre, spécial sortie de prison. Il l’a écrit bien plus vite que Boualem Sansal qui, après avoir passé près d’une année complète dans une geôle algérienne, a confessé sur France Inter, douze jours après sa libération, n’avoir trouvé « que le titre » de son prochain livre, lequel, d’ailleurs, ne sera pas un journal de prisonnier (« c’est déjà fait, je ne fais pas ça »). Il a également battu à plate couture le Russe Soljenitsyne, qui avait mis plus de cinq ans, après sa détention en camp de travail, alors qu’il était encore placé en relégation aux confins de l’URSS, pour commencer la rédaction de son Archipel du Goulag, et quinze années supplémentaires pour le publier.

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