Le mardi 25 septembre, Claude Perdriel, actionnaire majoritaire de l’hebdomadaire Challenges, a acté la vente de son magazine à Bernard Arnault, propriétaire de LVMH. A l’issue de cette opération, le groupe de luxe, qui détient déjà 40 % du magazine, se retrouvera seul et unique propriétaire du journal.
La rédaction du magazine Challenges s’inquiète des conditions de ce rachat. Dans un communiqué publié le 29 octobre, les représentants du personnel et de la société des journalistes (SDJ) pointent le souhait affiché par Bernard Arnault, déjà propriétaire d’un vaste empire de presse (Les Echos - Le Parisien, L’Opinion, Radio Classique…), d’en faire un média ouvertement « libéral ».
Ce changement imposé de ligne éditoriale menace le pluralisme de la presse économique. En 2013, une charte a été signée par Claude Perdriel et la société des journalistes du magazine pour garantir l’indépendance de la rédaction. Elle définit, dans son préambule, l’hebdomadaire comme un « magazine économique et politique non partisan et indépendant », défendant « l’économie sociale de marché, avec ses corollaires — la défense d’une économie ouverte, humaniste et de progrès ».