Des attaques de drones navals ont endommagé, samedi 29 novembre, une infrastructure pétrolière majeure dans le port russe de Novorossiïsk, en mer Noire. Kiev n’a pas revendiqué, à ce stade, ces frappes qui interviennent alors que l’Ukraine doit affronter une forte pression sur le front militaire et politique. L’armée russe progresse dans l’est du pays et l’administration de Volodymyr Zelensky est secouée par un vaste scandale de corruption qui a poussé le président ukrainien à limoger, vendredi, le tout-puissant chef de l’administration présidentielle, Andriy Yermak.

Les Etats-Unis ont présenté récemment un nouveau plan pour mettre fin au conflit déclenché par l’offensive russe contre l’Ukraine en 2022, qu’ils cherchent à finaliser avec l’approbation des belligérants. Mais Kiev craint d’être contraint de faire d’importantes concessions. Volodymyr Zelensky envoie, dimanche, une délégation aux Etats-Unis pour de nouvelles négociations. Le président ukrainien sera, par ailleurs, reçu, lundi, à Paris.

L’attaque menée tôt samedi à Novorossiïsk a visé un terminal qui permet d’exporter le pétrole acheminé par l’un des oléoducs les plus importants au monde. Il part des champs pétrolifères du Kazakhstan au bord de la mer Caspienne et traverse la Russie vers la mer Noire.

Le Caspian Pipeline Consortium, qui exploite cet oléoduc, a affirmé qu’une « attaque terroriste » de drones navals avait mis hors d’usage l’une des trois bouées d’amarrage du terminal permettant le chargement en mer des pétroliers. Le ministère de l’énergie kazakh a dénoncé, dans un communiqué, une attaque « inacceptable » qui crée des « risques pour la sécurité énergétique mondiale ».

Si, pour l’heure, l’Ukraine n’a pas commenté cette attaque, elle a revendiqué celle contre deux pétroliers, samedi en mer Noire au large de la Turquie. Kiev a affirmé avoir frappé avec des drones navals des navires de la flotte fantôme russe utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales.

Ces derniers mois, l’armée ukrainienne vise régulièrement des sites pétroliers et des raffineries en Russie pour tenter de perturber la rente des hydrocarbures permettant à Moscou de financer son effort de guerre.

De son côté, la Russie poursuit ses attaques nocturnes massives sur l’Ukraine, en visant en particulier le système énergétique. Dans la nuit de samedi à dimanche, une attaque sur la ville de Vychhorod, près de Kiev, a fait un mort et onze blessés, un bilan qui pourrait s’alourdir, a prévenu Mykola Kalachnyk, le chef de l’administration militaire de la région de Kiev.

La nuit précédente, 36 missiles et 596 drones russes ont attaqué l’Ukraine, a recensé l’armée de l’air ukrainienne. Ces frappes ont fait deux morts à Kiev, un autre dans la région de la capitale, et, au moins, une trentaine de blessés, selon le ministère de l’intérieur. Près de 600 000 usagers ont été privés de courant, a comptabilisé le ministère de l’énergie ukrainien.

Pour tenter de peser sur le plan américain visant à mettre fin au conflit, une équipe de négociateurs ukrainiens est partie, samedi, pour les Etats-Unis. Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, et l’envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, rencontreront, dimanche, la délégation ukrainienne en Floride, a déclaré à l’Agence France-Presse un responsable gouvernemental américain.

Samedi soir, Volodymyr Zelensky a souligné que le dialogue se poursuivrait avec Washington sur la base d’amendements du plan américain négociés, il y a une semaine à Genève, lors de pourparlers ukraino-américains. « La partie américaine est constructive et, dans les jours à venir, il sera possible de préciser les étapes à suivre pour déterminer comment mettre fin à la guerre dans la dignité », a affirmé le président ukrainien lors de son allocution quotidienne.

Il sera reçu par Emmanuel Macron lundi à Paris. Les deux dirigeants « échangeront sur la situation et sur les conditions d’une paix juste et durable, dans la continuité des discussions de Genève et du plan américain et d’une concertation étroite avec nos partenaires européens », a précisé l’Elysée.

Dans un entretien à la Tribune Dimanche, le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, renouvelle le soutien de la France à l’Ukraine. « Vladimir Poutine doit accepter le cessez-le-feu ou se résoudre à exposer la Russie à de nouvelles sanctions qui épuiseront son économie, ainsi qu’au soutien redoublé des Européens à l’Ukraine », prévient le chef de la diplomatie française.

Alors que le président russe conteste la légitimité de son homologue ukrainien, Jean-Noël Barrot rappelle que Volodymyr Zelensky « a été élu dans des élections ouvertes, transparentes et démocratiques, ce qui n’est pas le cas de Vladimir Poutine ». « C’est la guerre que le président russe a choisi de livrer qui empêche l’Ukraine de procéder à des élections. Quant aux affaires de corruption, elles doivent être traitées par les institutions compétentes, sans interférence avec le processus de paix », a-t-il estimé.

Recomendar A Un Amigo
  • gplus
  • pinterest
Commentarios
No hay comentarios por el momento

Tu comentario