En Iran, le cinéma indépendant fait sa révolution : « Avec Femme, vie, liberté, un grand barrage a sauté »

Montrer une femme tête nue, chez elle ou dans la rue, était jusque très récemment inimaginable dans le cinéma iranien. Mais le mouvement Femme, vie, liberté, déclenché en septembre 2022 par la mort de Mahsa Amini, arrêtée pour une apparence jugée « insuffisamment islamique », a provoqué un tel bouleversement dans la société que l’effet de souffle a atteint le monde du 7e art.

Plusieurs actrices stars ont emboîté le pas des femmes, jeunes ou âgées, qui ont choisi de sortir cheveux au vent dans les rues de Téhéran et des grandes villes, défiant la loi qui les contraint à se couvrir tout le corps, à l’exception des mains et du visage. Comme Taraneh Alidoosti (interprète principale de Leila et ses frères, réalisé par Saeed Roustaee et sorti en 2022), elles ont publié sur Instagram des photos d’elles sans foulard – un geste qui leur a valu une arrestation et aujourd’hui encore l’interdiction de travailler.

A leur tour, des réalisateurs ont décidé de dire non aux obligations imposées par le pouvoir. Ils ne soumettent plus leurs scénarios aux censeurs chargés de décider si le propos du film, les relations entre hommes et femmes, le langage ou les costumes respectent les valeurs islamiques. Ils ne quémandent plus les multiples autorisations exigées pour écrire, tourner et diffuser leurs films. Ils entendent « vivre dans la vérité », pour reprendre les mots célèbres de l’écrivain et dissident tchèque Václav Havel dans son essai Le Pouvoir des sans-pouvoir (Editions Première partie, 1978), un livre très populaire en Iran. Soit vivre en accord avec leurs propres valeurs dans un système qui impose le mensonge.

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