Les occasions de revoir les œuvres de l’artiste grec Panayotis Vassilakis (1925-2019), dit Takis, sont peu fréquentes : la dernière exposition d’ampleur a eu lieu au Palais de Tokyo il y a dix ans. L’hommage que lui rend la galerie qui l’a montré depuis 1990 ne peut avoir l’ampleur de celle-ci, mais il est dense, et la proximité des sculptures et assemblages rend plus sensibles à la fois la diversité et la cohérence de sa création.

Takis est principalement connu pour avoir tiré parti d’un phénomène physique que la sculpture n’avait pas employé avant lui : le magnétisme. Il sait, dès les années 1950, tendre des fils métalliques dans l’espace en n’ayant besoin que d’un seul point d’attache. L’aimantation les tient en lévitation, dessins suspendus dans le vide par cette force invisible. Quand le magnétisme est électrique, ce dessin devient mobile, selon un rythme qui peut être réglé par l’artiste et, si une aiguille danse contre une corde de piano, la construction est aussi sonore. Parfois une sphère oscille à l’extrémité de son câble comme un pendule monumental.

Selon les cas, Takis rend presque invisible la technique ou à l’inverse, il expose largement fils à plomb, cadrans, bobines, moteurs et ampoules. Ainsi est-il, autant que Jean Tinguely et en même temps que lui, l’un de ceux qui découvrent un usage poétique de la modernité scientifique. La lumière, clignotante ou fixe, intervient aussi quand naissent les Signaux, tels ceux que Takis a déployés plus tard à la Défense (Hauts-de-Seine).

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