Certaines images offrent une nouvelle perspective sur des silhouettes emblématiques, à l’instar de Dior par Yuriko Takagi (Rizzoli, 156 p., 90 €), d’autres dévoilent des sources d’inspiration mal connues de la création de mode, comme la maternité dans M & Others: Fashion and Motherhood (Lannoo, 208 p., 45 €). Elles témoignent des échanges entre la photographie et la mode dans Dialogue Sarah Moon, Yohji Yamamoto (Delpire & Co, 84 p., 150 €), incitent à la rêverie face au mouvement hypnotique de la matière (Yiqing Yin. D’air et de songes, Lienart, 160 p., 29 €). Ces beaux livres savent mettre en avant les passions derrière les vêtements – les fleurs qui influencèrent le couturier et parfumeur Christian Dior (Dior. Jardins enchanteurs, Rizzoli, 160 p., 39,95 €) –, et donnent tous à voir de splendides photographies et illustrations.
Légende de la photographie japonaise, Yuriko Takagi a été invitée au 30, avenue Montaigne à explorer les collections haute couture de Dior. Elle s’y est « enfermée » pour photographier notamment les toiles, ces modèles en tissu blanc qui sont les premières expressions des vêtements, avant qu’ils ne soient confectionnés par les ateliers de haute couture. Ses images rassemblées dans Dior par Yuriko Takagi (Rizzoli), redonnent vie aux silhouettes emblématiques de la maison : baignés d’une lumière singulière, les vêtements extraits de ces archives sont proposés les uns à la suite des autres, indifféremment, qu’ils soient signés de Christian Dior, Marc Bohan, John Galliano, ou d’autres créateurs qui se sont succédé avant Maria Grazia Chiuri. Sur ces toiles, parfois, la photographe a projeté des images, fleurs, flacons de parfum ou détails architecturaux du 30, avenue Montaigne. L’artiste parle d’un « dialogue avec Dior ». Il s’en dégage quelque chose d’intemporel. Delphine Paillard