Depuis sa domestication quatre millénaires avant notre ère, l’âne accompagne les humains. Avec son nouvel ouvrage, L’Ane, Michel Pastoureauenrichit son bestiaire – déjà composé du cochon, du loup, du taureau et de la baleine, sujets de livres précédents – d’une nouvelle et sympathique figure. L’historien médiéviste, également auteur de nombreuses études sur les couleurs et les représentations visuelles à travers les époques, propose ici « une histoire culturelle » (sous-titre du livre) de la présence discrète mais continue de l’animal à nos côtés.
Son propos, dans ce livre abondamment illustré, est tout d’abord visuel. Depuis l’Antiquité, l’âne n’a cessé d’être marqué par l’ambivalence. Il fut tour à tour considéré comme paresseux ou travailleur, courageux ou vulnérable, obtus, ignorant ou sage, quand il n’était pas un symbole de luxure en raison de la taille de son membre viril. De ce foisonnement d’images, l’auteur entend restituer les significations historiques, en les replaçant dans une évolution au long cours.