Entre Ethiopie et Soudan, le fragile équilibre de la paix

Eviter à tout prix l’escalade avec son homologue soudanais, Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane, telle est la ligne de conduite du premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, depuis le début de la guerre au Soudan, en avril 2023. « Nous ne réglerons pas nos différends frontaliers par la violence, avait-il martelé devant le Parlement, en juillet 2024. L’Ethiopie n’a pas l’intention de profiter des malheurs du Soudan. » Un an et demi plus tard, Addis-Abeba maintient cette posture de prudence.

Pourtant, si Abiy Ahmed avait dû le rappeler aux députés, c’est que tous les ingrédients d’un conflit entre ces deux géants d’Afrique de l’Est sont réunis. Derrière une neutralité de façade, les contentieux s’accumulent.

Depuis l’indépendance soudanaise en 1956, ils se concentrent sur la frontière, notamment autour du triangle d’Al-Fashaga, en raison d’une démarcation floue. En 2020, profitant de la guerre du Tigré, l’armée soudanaise a repris le contrôle de ces plaines fertiles en sésame et en sorgho. Elle s’est ensuite empressée de militariser le territoire de 250 km2, faisant craindre l’escalade. Malgré l’embrasement soudanais trois ans plus tard, les tensions autour d’Al-Fashaga restent pour l’heure contenues.

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