Dimanche matin. Chloé (seul prénom qui ait été modifié), 29 ans, ressasse en boucle les images d’une soirée entre collègues, allongée dans son lit, une assiette de coquillettes crème soja sur les genoux. Sur le chemin du retour, l’euphorie aidant, elle a laissé échapper une remarque qu’elle regrette aujourd’hui. Cette traductrice volubile originaire de Toulouse se revoit sortir de la forêt, près de l’arrêt de tramway, et lancer à l’un de ses supérieurs : « J’étais en train de pisser ! » La réponse a été immédiate, et sèche : « On n’a pas besoin d’être au courant. »

Un autre flash douloureux lui revient en tête : sa prestation au karaoké du restaurant, sur Nuevayol, de Bad Bunny. « Je me dis que ça devait être désagréable de nous écouter. Je me promets de ne plus recommencer », affirme celle qui est montée sur l’estrade portée par quelques Aperol spritz.

Certains week-ends, Chloé déprime en rembobinant la veille : « Je suis mal, et le moindre détail peut prendre des proportions énormes. » Elle évoque l’« hangxiety », contraction des mots anglais hangover (« gueule de bois ») et anxiety (« anxiété »), qui désigne ce mal-être au réveil. « Sur le moment, l’alcool augmente la dopamine et le GABA (acide aminé qui calme le système nerveux) associés au plaisir et à la relaxation ; sauf que, le jour suivant, la dopamine chute sous son niveau habituel, ce qui crée un sentiment de vide et de tristesse », décrypte Aymeric Petit, médecin psychiatre et addictologue.

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