Des mois durant, la pression exercée sur le Venezuela était justifiée par les Etats-Unis comme une guerre contre le narcotrafic. Une autre priorité s’impose désormais : l’accès au pétrole de ce pays d’Amérique latine assis sur les plus vastes réserves d’or noir du monde. L’éviction du président vénézuélien, Nicolas Maduro, enlevé lors d’un raid mené samedi 3 janvier à l’aube par les forces spéciales américaines, ouvre la voie au retour des majors américaines dans le pays, a assuré Donald Trump dans la foulée.
« Nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, vont se rendre sur place, dépenser des milliards de dollars (…) et commencer à faire gagner de l’argent au pays », s’est félicité le président américain lors d’une conférence de presse donnée samedi en Floride.
Voilà pour le plan général. Les détails, en revanche, ne sont guère précisés. Et l’on ignore dans quelle mesure les géants pétroliers tels qu’ExxonMobil ou ConocoPhillips seraient prêts à injecter de très grosses sommes dans un Venezuela dirigé par un gouvernement provisoire à la légalité floue. Un pays, qui plus est, dont l’industrie pétrolière est dans un état de délabrement complet après deux décennies de corruption et de panne des investissements, encore aggravées par les sanctions américaines. Actuellement, Chevron est la seule compagnie américaine à opérer sur place grâce à une dérogation accordée par Washington.