Dos à dos dans une rencontre parfois terne et souvent âpre, le Mali et la Tunisie s’en sont finalement remis à une séance de tirs au but pour se départager, au profit de la sélection malienne de football (1-1, 3-2 aux t.a.b.), samedi 3 janvier à Casablanca (Maroc), en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN).
Après une première période laborieuse, où la précision venait à manquer – aucun tir cadré de part et d’autre –, la seconde n’offrait pas de perspective plus réjouissante. Réduits à dix à la suite de l’expulsion précoce de Woyo Coulibaly (26e), les Maliens étaient logiquement dominés. A l’approche du temps additionnel, les Tunisiens, jusqu’alors en maîtrise bien qu’en manque de créativité, pensaient avoir scellé la rencontre par le biais de Firas Chaouat (88e), oublié par la défense adverse et auteur d’une tête qui aurait pu être salvatrice.
Mais le sort en a décidé autrement. Juste avant le coup de sifflet final, Yassine Meriah s’est rendu coupable d’une main dans sa surface, offrant au Mali l’occasion, transformée par Lassine Sinayoko (90e + 6), d’aller en prolongation. Les trente minutes supplémentaires, plus intenses, n’ont toutefois abouti qu’aux redoutés tirs au but. Le gardien malien, Djigui Diarra, s’est alors illustré par deux arrêts consécutifs, devant Elias Achouri et Mohamed Ali Ben Romdhane, offrant la victoire à son équipe.
Qualifié pour les quarts de finale de la CAN pour la seconde édition d’affilée, le Mali sera opposé le 9 janvier au Sénégal, contre lequel il tentera de décrocher son premier succès de la compétition, après un quatrième match nul en autant de rencontres disputées. « Avant, les gens nous critiquaient parce qu’on jouait bien, mais qu’on ne gagnait pas, et maintenant on ne joue pas bien, on gagne, et les gens se plaignent, témoignait Lassine Sinayoko, au micro de BeIN Sports. Donc la prochaine fois, on va essayer de bien jouer, et de gagner. »
Battus par la Côte d’Ivoire en huitièmes de finale de la dernière CAN, les Sénégalais étaient, quant à eux, de retour au même stade de la compétition, samedi. Cette fois, ils ont passé l’écueil, si ce n’est avec brio, au moins avec maîtrise. Les hommes du sélectionneur Pape Thiaw se sont en effet imposés (3-1) contre le Soudan, à Tanger (Maroc).
Mais pour les Lions de la Teranga, vainqueurs du tournoi en 2022, les choses ne furent pas aussi simples que le score final pourrait le laisser penser. Largement favoris de la rencontre, les Sénégalais ont été surpris dès les premières minutes par une superbe frappe de l’attaquant Aamir Abdallah, dont le ballon brossé du pied gauche est venu nettoyer la lucarne du gardien Edouard Mendy, impuissant.
Loin de paniquer après cette entame catastrophique, les Sénégalais ont tranquillement mis en place leur jeu, sûrs de leur force. Après tout, ils savaient pouvoir disposer d’une puissance offensive unique, entre l’attaquant du Bayern Munich Nicolas Jackson, celui de Crystal Palace Ismaïla Sarr, et l’ex-star de Liverpool Sadio Mané.
Paradoxalement, la solution est finalement venue d’un joueur plus méconnu : Pape Gueye. L’ancien milieu de terrain de l’Olympique de Marseille, évoluant désormais en Espagne, à Villareal, a d’abord égalisé du pied gauche, avant de donner l’avantage à son équipe avant la mi-temps. Entré en seconde période, le Parisien Ibrahim Mbaye s’est, lui, occupé de donner un peu plus d’ampleur au score en fin de match.