Phil Gunson, analyste de l’organisation de prévention des conflits International Crisis Group vivant à Caracas, revient sur les circonstances, les raisons et les conséquences de l’attaque de l’armée américaine à Caracas et la capture du président vénézuélien, Nicolas Maduro.
Ce [dimanche 4 janvier] matin tout paraît tranquille. Hier, personne n’est sorti de chez soi, les gens avaient peur, naturellement. Il y a eu quelques manifestations sporadiques de soutien organisées par le gouvernement, mais sans plus.
A part Nicolas Maduro, tout le monde est en place, le gouvernement est intact. C’est la vice-présidente, Delcy Rodriguez, qui en a pris la tête.
Tout indique que oui. [Samedi], Donald Trump a dit être prêt à un accord avec ceux qui restent. Quant à Maria Corina Machado [la cheffe de l’opposition, lauréate du prix Nobel de la paix 2025], il a eu des mots durs contre elle, en disant qu’il lui serait difficile d’être à la tête du pays parce qu’elle ne bénéficie ni du soutien ni du respect de la population. Au contraire, il a bien parlé de Delcy Rodriguez, ce qui a été une douche froide pour l’opposition. C’est ironique, car toute l’opposition espérait le départ de Nicolas Maduro pour installer un gouvernement démocratique. Mais Donald Trump ne paraît pas très disposé à soutenir les plans de l’opposition.