Catherine Oliveres Ghouti, dermatologue à Paris, est en grève pour la première fois, à 79 ans. Lundi 5 janvier, elle a tiré le rideau du cabinet qu’elle partage avec un collègue cardiologue, mobilisé lui aussi. Pour au moins une semaine. Elle n’a maintenu que les interventions urgentes, pour des cancers cutanés. « On a un peu l’impression d’être invisibles, entre la neige et les agriculteurs », confie la médecin, membre du Syndicat national des dermatologues-vénéréologues. Et de citer, pêle-mêle, pour expliquer sa mobilisation, la crainte d’une « étatisation » de la médecine, son opposition aux remises en question du caractère libéral de sa profession, sans oublier le nombre de jeunes internes formés en dermatologie, qu’elle juge très insuffisant.

Du 5 au 15 janvier, « la médecine libérale ne répond plus ». Voilà des mois que l’avertissement, lancé en amont des débats sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, et désormais porté – fait rare – par l’ensemble des syndicats représentatifs de la profession (MG France, CSMF, Avenir Spé-Le Bloc, FMF, SML, UFML-S), résonne. Il se concrétise aujourd’hui, dans un mouvement diffus de ras-le-bol exprimé par des praticiens libéraux de toutes spécialités, étudiants et jeunes médecins compris, soutenu par la Fédération de l’hospitalisation privée, mais aussi par des infirmiers, ou encore des syndicats de praticiens des hôpitaux publics. Un attelage inédit.

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