La Commission européenne a annoncé jeudi 8 janvier avoir imposé à X une mesure conservatoire, à la suite du scandale des images sexuelles de mineurs générées par Grok, l’assistant d’intelligence artificielle de la plateforme d’Elon Musk.
L’exécutif européen a pris une « ordonnance de conservation », une mesure juridique qui impose à X « de conserver tous ses documents internes relatifs à Grok, et ce jusqu’à la fin 2026 », a précisé à la presse un porte-parole de la Commission. Une telle disposition vise à assurer que les services de la Commission, qui continuent d’enquêter sur la plateforme d’Elon Musk, pourront accéder si besoin à ces documents.
Cela fait suite à la découverte de fausses vidéos sexuelles de mineurs générées par Grok, sur lesquelles la justice française a décidé d’enquêter ; une affaire que la Commission européenne avait dit lundi prendre très au sérieux.
Ce n’est pas la première fois que la Commission impose une telle mesure au réseau social d’Elon Musk. Elle lui avait déjà ordonné l’an dernier de conserver tous ses documents internes sur ses algorithmes, sur fond de soupçons de manipulation par X du débat public en Europe et après de multiples provocations d’Elon Musk.
Grok, l’assistant d’intelligence artificielle du réseau X, a reconnu l’existence de « failles » ayant permis à des utilisateurs d’obtenir de lui des images à caractère sexuel impliquant des mineurs ou des femmes, suscitant des protestations à travers le monde et l’élargissement d’une enquête judiciaire en France.
L’UE avait infligé au début de décembre une amende de 120 millions d’euros à X pour infraction au règlement sur les services numériques, le DSA, malgré les menaces récurrentes de Donald Trump, qui accuse le bloc européen de cibler par le biais de sa législation numérique les champions américains.
Cette amende, qui vise à sanctionner des manquements de X à ses obligations de transparence découlant du DSA, n’a pas mis fin à l’enquête de l’UE ciblant la plateforme. Cette enquête, ouverte à la fin de 2023, avait été élargie à des soupçons de non-respect de ses obligations en matière de contenus illégaux et de désinformation, des sujets sur lesquels Bruxelles continue d’enquêter.
Les eurodéputés centristes du groupe Renew ont écrit cette semaine à la Commission pour l’exhorter à lancer une enquête sur Grok, estimant que cette nouvelle affaire requiert une action de toute urgence.