L’hôpital Sina de Téhéran a été visé par du gaz lacrymogène mardi 6 janvier, au cours d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, au dixième jour d’une vague de contestation en Iran, selon l’agence de presse ISNA.

« Pour disperser la foule, du gaz lacrymogène a été utilisé dans la ruelle adjacente à l’hôpital » Sina, situé dans le centre de la capitale iranienne, écrit l’agence ISNA, après des images devenues virales sur les réseaux sociaux.

« Le réflexe naturel des manifestants a été d’éloigner [le gaz] » et « de ce fait une partie de ces substances s’est involontairement dirigée vers l’hôpital », a précisé mardi soir ISNA, citant un communiqué de l’Université des sciences médicales de Téhéran.

L’hôpital Sina est situé à environ 2 kilomètres à vol d’oiseau du grand bazar de Téhéran, poumon économique du pays et théâtre d’incidents mardi entre manifestants et policiers, qui ont eu recours à du gaz lacrymogène pour disperser la foule.

C’est la première fois depuis le début du mouvement, le 28 décembre, que de tels heurts se produisaient en journée et en plein cœur de Téhéran, où des rassemblements sporadiques sans incident majeur s’étaient principalement tenus en soirée, selon les médias locaux. Ces rassemblements, d’abord orientés contre la vie chère, ont désormais des revendications politiques et se sont étendus au reste du pays.

Amnesty International a condamné, de son côté, les forces de l’ordre iraniennes après une attaque contre un hôpital de la ville d’Ilam, dans l’ouest du pays, à plusieurs centaines de kilomètres de Téhéran, qualifiant ces actes de « violation du droit international ».

L’organisation affirme que les forces de sécurité ont pris pour cible l’hôpital Imam Khomeini, où des manifestants blessés cherchaient des soins ou refuge. Selon Amnesty, des gaz lacrymogènes ont été tirés, des fusils à pompe utilisés, des personnes ont été battues à l’intérieur de l’hôpital et des manifestants blessés ainsi que certains membres de leurs familles ont été arrêtés.

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a demandé lundi l’ouverture d’une enquête au sujet de ces faits.

Dans l’ouest de l’Iran, des affrontements localement meurtriers ont été rapportés ces derniers jours. C’est le cas notamment à Malekshahi, un comté d’environ 20 000 habitants où vit une importante population kurde. Au moins un policier et un membre des forces de sécurité y ont été tués.

Recomendar A Un Amigo
  • gplus
  • pinterest
Commentarios
No hay comentarios por el momento

Tu comentario