Comment la passion française pour le déclin sert le récit trumpiste

C’est une complainte connue mais entêtante, celle du déclin. Au lendemain de l’intervention américaine au Venezuela et des menaces proférées par le président américain, Donald Trump, sur l’intégrité territoriale du Groenland, elle résonne dans tout le champ politique. « La France est désormais du côté des faibles », affirme le général Pierre de Villiers, lundi 5 janvier au Figaro. Les Européens ? Des « spectateurs impuissants du délitement de toute forme de règle, et (…) défenseurs béats d’institutions désormais totalement dépassées », assure le 3 janvier, sur X, Gabriel Attal, secrétaire général du parti Renaissance. L’ancien premier ministre Edouard Philippe renchérit au Figaro : « L’Europe est devenue un commentateur. »

Le constat du déclin, s’il n’est pas neuf, a de nouvelles résonances. Géopolitiques d’abord, car le déclinisme est devenu l’un des outils utilisés par les Etats-Unis pour affaiblir les Européens. Electorales ensuite, car le récit du déclin menace d’accaparer la campagne pour l’élection présidentielle de 2027.

Instabilité gouvernementale, absence de budget, le discours décliniste bénéficie en France d’un terreau fertile. Malgré ses déterminants nationaux, il peut presque se lire comme un calque de celui du président américain. Le 5 décembre 2025, dans sa stratégie de sécurité nationale, l’administration Trump n’a-t-elle pas fustigé le « déclin économique » de l’Europe, « éclipsé par la perspective réelle et plus sombre d’un effacement civilisationnel », citant pêle-mêle des politiques migratoires sources de « conflits » et la « perte des identités nationales » ?

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