Alors qu’une nouvelle vague de contestation secoue le pays, Reza Pahlavi, fils du chah déchu et figure de l’opposition en exil, a exhorté les manifestants à « se préparer à conquérir » les centres-villes, samedi 10 janvier.
Dans un message publié sur X, il « appelle les travailleurs et les employés des secteurs-clés de l’économie, notamment des transports, du pétrole, du gaz et de l’énergie, à entamer un processus de grève nationale ». Avant de leur demander à « tous de descendre dans la rue aujourd’hui et demain, samedi et dimanche (10 et 11 janvier), dès 18 heures, munis de drapeaux, d’images et de symboles nationaux, afin d’occuper l’espace public ». « Notre objectif n’est plus seulement de manifester dans la rue ; il s’agit de nous préparer à conquérir et à défendre les centres-villes », ajoute-t-il.
Il appelle également les « jeunes de la garde immortelle d’Iran » et « toutes les forces armées et de sécurité » à « perturbe[r] encore davantage la machine de répression ». « Je me prépare également à rentrer dans ma patrie pour être avec vous, grande nation iranienne, lorsque notre révolution nationale aura triomphé. Je crois que ce jour est très proche », ajoute-t-il à la fin de son message.
Selon l’ONG NetBlocks, qui surveille la cybersécurité et la gouvernance d’Internet, la coupure d’Internet à l’échelle nationale était « toujours en place » samedi matin. Vendredi, Reza Pahlavi a demandé à Donald Trump d’intervenir sans tarder dans la République islamique. « Monsieur le président, ceci est un appel urgent et immédiat réclamant votre attention, votre soutien et votre action, a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Veuillez vous tenir prêt à intervenir pour aider le peuple iranien. »
Samedi, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a fait savoir sur X que « les Etats-Unis sout[enaient] le courageux peuple iranien ». Le département d’Etat a par ailleurs averti le régime iranien : « Ne jouez pas avec le président Trump. Quand il dit qu’il va faire quelque chose, il le pense. »
Cette mobilisation, qui avait fait vendredi au moins 51 morts, dont neuf enfants, selon l’ONG Iran Human Rights, établie en Norvège, résulte en partie de l’appel à manifester lancé par M. Pahlavi dans une vidéo publiée le 6 janvier. Il invitait la population iranienne à scander des slogans contre le régime, précisant : « Où que vous soyez, dans la rue ou même de vos maisons. »
Ces manifestations sont les plus importantes en Iran depuis celles qui avaient eu lieu après la mort, en 2022, de Mahsa Amini, arrêtée pour port non réglementaire du voile. Des organisations de défense des droits humains ont accusé les autorités d’avoir ouvert le feu sur des protestataires, faisant des dizaines de morts depuis le début de la contestation, initialement contre la vie chère, à la fin de décembre 2025.
De son côté, le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a averti que l’Iran ne « reculerait pas » devant les manifestants, qualifiés de « saboteurs » et de « vandales », dans un discours diffusé vendredi par la télévision d’Etat.