« Nous ne voulons pas être américains, nous ne voulons pas être danois, nous voulons être groenlandais », ont réaffirmé les dirigeants des cinq partis groenlandais représentés au Parlement local dans une déclaration commune parue vendredi 9 janvier.
Précisément, il s’agit des quatre partis prenant part au gouvernement ainsi que le parti d’opposition, qui est, lui, favorable à une indépendance rapide du territoire autonome danois. Cette prise de parole fait suite aux propos du président américain, Donald Trump, qui a affirmé que les Etats-Unis emploieraient « la manière douce » ou « la manière forte » pour prendre le contrôle de l’immense île arctique.
« L’avenir du Groenland doit être décidé par le peuple groenlandais », assurent-ils. « Aucun autre pays ne peut s’en mêler. Nous devons décider nous-mêmes de l’avenir de notre pays, sans pression en faveur d’une décision hâtive, sans tergiversation ni ingérence d’autres pays », ont-ils insisté.
M. Trump répète que les Etats-Unis doivent prendre le contrôle du Groenland pour assurer leur propre sécurité face à Pékin et Moscou. « On ne peut pas avoir la Russie ou la Chine occuper le Groenland. C’est ce qu’ils vont faire si on ne le fait pas. Donc on va faire quelque chose avec le Groenland, soit avec la manière douce, soit avec la manière forte », a-t-il lancé vendredi.
Nuuk et Copenhague contestent en particulier cet argument. « Nous ne partageons pas cette idée selon laquelle le Groenland serait couvert d’investissements chinois », a dit plus tôt dans la semaine le ministre des affaires étrangères danois, Lars Lokke Rasmussen. « Nous veillons sur le royaume », a-t-il insisté.
Depuis 1951, il existe un accord de défense entre Etats-Unis, Danemark et Groenland, qui donne quasiment carte blanche aux forces armées américaines sur le territoire groenlandais, si elles préviennent en amont les autorités locales. Le président américain a reconnu, dans un entretien au New York Times jeudi, qu’il lui faudrait peut-être choisir entre la préservation de l’intégrité de l’OTAN ou le contrôle du territoire danois.
Le Danemark – Groenland compris – est membre de l’OTAN et une attaque américaine contre l’un des membres de l’Alliance signifierait « la fin de tout », a averti la première ministre danoise, Mette Frederiksen.