L’avion-cargo se gare sur le tarmac de l’aéroport de Liège, en Belgique. Les réacteurs du 747 soufflent encore lorsque des agents de piste accolent une plateforme élévatrice à son flanc, pour en tirer sept caisses de métal. Blottis dans ces boxes de voyage, 50 ânes palestiniens respirent pour la première fois, en cette mi-novembre, l’air d’Europe.
Ils s’appellent Hibiscus, Wazabi ou Duvdevan – comme l’unité commando israélienne de la série Fauda. C’est une militante israélienne de la cause animale qui les a baptisés ainsi et veille sur leur débarquement.
Sharon Cohen a orchestré le transfert de 608 ânes vers l’Europe depuis 2022, pour la plupart vers la France. Certains lui ont été confiés par des soldats israéliens déployés à Gaza. Ils les ont recueillis dans l’enclave palestinienne, où la guerre que mène l’Etat hébreu depuis l’attaque terroriste du Hamas, le 7 octobre 2023, a fait plus de 71 000 morts, selon le ministère de la santé palestinien à Gaza, contrôlé par le Hamas – un bilan qui ne cesse d’augmenter malgré le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre 2025.
Au moins 160 ânes gazaouis, « pour la plupart affamés, certains mutilés et tous traumatisés », selon Sharon Cohen, ont été pris en charge par son association, Starting Over Sanctuary (« refuge du nouveau départ »). Les autres bêtes, elle les achète dans les villages de la minorité arabe d’Israël (20 % des citoyens du pays). La police lui en envoie aussi, confisqués à leurs propriétaires maltraitants.