Maryline Desbiolles ne croit ni au pouvoir de l’écrivain ni aux vertus consolatrices de la littérature. Elle écrit « d’en bas », là où la parole est incertaine, où les vies sont infimes et parfois fracassées. A travers sa quarantaine de livres – dont Anchise (Seuil), prix Femina en 1999, Primo (Seuil, 2005), Charbons ardents (Seuil, 2022) et L’Agrafe (éd. Sabine Wespieser, Prix littéraire Le Monde 2024) –, l’écrivaine explore des existences singulières, souvent féminines, minorées, excentrées.
« Mes personnages sont des marginaux et des solitaires, confie Maryline Desbiolles au “Monde des livres”. Sans trop savoir pourquoi, je les entraîne toujours dans une forme de résistance. » A quoi résistent-ils ? « A l’oubli de ce que nous sommes, précise-t-elle. Au mainstream. A la banalité dans laquelle on nous somme d’entrer. » Une résistance incarnée, par exemple, par Emma Fulconis, héroïne de L’Agrafe : mutilée par un chien, rendue infirme – et qui pourtant court encore pour réinventer sa vie.