Paul Krugman, Nobel d’économie : « Les données sur lesquelles repose le prétendu retard européen sont bien plus fragiles qu’on ne l’imagine »

Il est communément admis que l’économie européenne a décroché par rapport à celle des Etats-Unis depuis la fin des années 1990. Cette idée repose en grande partie sur le fait, certes indéniable, que les entreprises américaines ont pris une avance considérable dans les technologies de l’information.

Les données paraissent indiquer une croissance de la productivité bien plus faible en Europe qu’aux Etats-Unis, ce qui nourrit l’europessimisme. Mais disent-elles vraiment cela ? La question fait l’objet d’un débat animé. Gabriel Zucman – un excellent économiste – a réfuté, le 17 décembre 2025, les propos insultants à l’égard de l’Europe tenus par… l’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne, Andrew Puzder. Ce diplomate affirmait que l’Europe est aussi pauvre que le Mississippi, et que l’Allemagne est aussi pauvre que la Virginie-Occidentale, ce à quoi on pourrait immédiatement rétorquer : si vos chiffres disent cela, c’est que vos chiffres sont faux ; il vous suffirait pour vous en convaincre de sortir de votre limousine et de regarder autour de vous !

Certes, les chiffres officiels montrent qu’au cours des vingt-cinq dernières années et plus, la productivité – la production réelle par travailleur – a augmenté plus rapidement aux Etats-Unis qu’en Europe. Mais lorsqu’on examine les données de plus près, elles montrent aussi que cet écart de productivité s’explique presque exclusivement par la croissance plus forte du secteur technologique américain.

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