« [Kylian] Mbappé voyage demain et le match sera différent de celui de ce soir. » La phrase de Xabi Alonso, jeudi 8 janvier en conférence de presse, au sortir de la qualification du Real Madrid pour la finale de la Supercoupe d’Espagne de football, en dit long. L’entraîneur basque connaît l’importance des trophées, même secondaires, chez les Merengue, dont il a porté les couleurs de 2009 à 2014. A fortiori quand ceux-ci sont conquis aux dépens du grand rival, le FC Barcelone. Dans cette optique, la présence potentielle du capitaine de l’équipe de France pour le clasico du dimanche 10 janvier, au stade Roi-Abdallah de Djedda (Arabie saoudite), est loin d’être anecdotique.

Car l’attaquant est l’homme providentiel du Real depuis le début de la saison. Dix-huit buts inscrits en championnat d’Espagne, neuf en Ligue des champions : Kylian Mbappé n’est rien de moins que son meilleur atout offensif. Pourtant, le natif de Bondy (Seine-Saint-Denis) ne figurait pas dans le groupe officiel en déplacement dans le royaume wahhabite. Le 31 décembre, le club avait annoncé dans un communiqué laconique qu’il souffrait d’une entorse au genou gauche. Si la durée de son indisponibilité n’avait pas été précisée, la nature de la blessure laissait présager qu’il resterait plusieurs semaines loin des terrains. Et Xabi Alonso lui-même l’avait jugé « trop court » pour prendre part à la Supercoupe.

Mais, dix jours plus tard, voilà que Kylian Mbappé rejoint finalement le collectif madrilène, à la surprise générale. Une convalescence bien courte, qui donne à ce retour des allures précipitées. Au point que le coach des Merengue a été interrogé sur l’éventualité de faire jouer son numéro 10 sous infiltrations. « C’est une décision que nous devons prendre avec le joueur, le staff technique et les médecins. Il faut toujours mesurer les risques, mais nous ne sommes pas des kamikazes », a répondu le Basque, estimant toutefois que ses chances de prendre part au match « [étaient] les mêmes que celles de tous les autres membres de l’effectif ».

La pression qui repose sur les épaules de Kylian Mbappé est immense. Et les propos de l’entraîneur du FC Barcelone, Hansi Flick, ne risquent pas de l’alléger. « A l’heure actuelle, [il] est le meilleur attaquant [du monde] (…). C’est un joueur fantastique, qui est vraiment excellent lorsqu’il dispose d’espace derrière la dernière ligne », a déclaré le technicien allemand, quand il a appris sa possible participation à la rencontre de dimanche. « Mais combien de clasicos avons-nous joué en un an et demi ? Combien en avons-nous gagné ? Nous n’en avons perdu qu’un seul [en Liga, en octobre 2025] », a-t-il ajouté.

Le numéro 10 a marqué six buts lors de ses cinq premiers duels contre l’adversaire historique catalan. Et le contexte de cette Supercoupe d’Espagne rappelle la finale de la Coupe du roi, le 26 avril 2025, entre le Real et le Barça. Souffrant de la cheville droite, le Français avait commencé la rencontre sur le banc. Il était entré en jeu au retour des vestiaires, permettant à son équipe, alors menée au score, de revenir dans la partie (70e). Mais les Merengue avaient fini par perdre, en prolongation (3-2).

A l’époque, c’est l’Italien Carlo Ancelotti qui tenait les rênes du club espagnol. Sur le départ, celui qui est désormais sélectionneur du Brésil n’avait pas vraiment pâti de cet échec. Critiqué pour des résultats jugés décevants – à l’aune des standards madrilènes –, son successeur, lui, joue gros. S’il veut s’offrir un peu de répit à son poste, Xabi Alonso a besoin d’une victoire, qui passerait sans doute par une bonne performance de Kylian Mbappé. Quitte à faire un choix, pas forcément raisonnable.

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