Que peut-il donc faire, ce premier ministre d’une île certes quatre fois grande comme la France, mais recouverte à 80 % de glace et peuplée seulement de 56 000 habitants, face à l’immense force de frappe de la Maison Blanche et de son président peu regardant sur le droit international ? A ceux qui se demandent pourquoi les Etats-Unis auraient besoin d’annexer le Groenland, quand ils peuvent déjà y envoyer des soldats ou exploiter ses ressources naturelles, Donald Trump a apporté un élément de réponse, jeudi 8 janvier, dans une interview au New York Times : le milliardaire veut le territoire autonome danois pour des raisons « psychologiques ».
A Nuuk, le chef du gouvernement, Jens-Frederik Nielsen, 34 ans, ne cesse de répéter que la plus grande île du monde n’est pas « le Venezuela », mais « une démocratie » qui « fait partie de l’OTAN [Organisation du traité de l’Atlantique Nord] », dont la population ne veut être ni achetée ni conquise. Mais si importante qu’elle soit, cette mise au point semble sans effet à Washington. Au contraire, même, puisque le scénario d’une annexion par la force, écarté par Nuuk et Copenhague jusqu’à présent, est désormais pris très aux sérieux.