Lundi 20 janvier 2025 : Elon Musk, le visage crispé dans un rictus, fait un salut fasciste depuis le podium. Puis il se retourne et en fait un second. En pleine cérémonie d’investiture de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, le pays qui nous a libéré du nazisme il y a quatre-vingts ans. Je passe dix minutes à chercher fiévreusement un flux vidéo officiel de l’événement, pour vérifier que ce clip, qui est partout sur X – anciennement appelé Twitter, le réseau social que possède Musk –, n’est pas un deep fake, une vidéo générée par IA [intelligence artificielle]. Ce n’en est pas un.

Comme à chaque fois que Musk fait quelque chose d’incroyablement stupide, haineux, ou les deux, mon malaise est profond, presque existentiel. Parce que je partage beaucoup de choses avec lui. Comme Elon Musk, j’adore les jeux de rôle, les comics, les jeux vidéo, Le Seigneur des anneaux et Dune. Musk fait partie de ma tribu. Nous sommes tous les deux des geeks, ou des nerds (les deux termes sont quasiment synonymes), et il est devenu le plus célèbre d’entre nous.

Ce « nous » est très large : on est geek quand on se passionne pour les cultures de l’imaginaire, la science-fiction, le fantastique, les jeux vidéo, l’informatique, les mangas. Les geeks forment une méta-communauté qui rassemble des centaines de communautés de fans d’une pratique culturelle ou d’œuvres. Ce grand fourre-tout a sa propre cohérence interne. Il y a de multiples ponts entre toutes ces cultures : beaucoup de passionnés d’informatique s’intéressent aussi à la science-fiction et au jeu vidéo.

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